La manufacture Bohin : success story des aiguilles à la française

Bohin, ça te dit quelque chose ? Pour être honnête, si on m’avait posé la question à brûle-pourpoint, j’aurais dit non. Mais à la vue d’une pochette d’aiguilles à coudre, impossible de ne pas dire : « Mais bien sûr » ! Si tu es une couturière (ou un couturier, pas de sexisme ici !), même du dimanche, tu as sûrement des aiguilles ou un accessoire de couture de cette marque.

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Mais pourquoi t’en parler aujourd’hui ? Non, non, on ne m’a pas proposé un super partenariat pour tester tous les produits de la marque. Par contre, j’ai été visiter la manufacture qui se trouve en Normandie, à 15 km de Center Parcs. Oui c’est important de le dire, car si Cher-et-Tendre n’avait pas trouvé la brochure de la manufacture Bohin à l’accueil du parc aquatique, on n’y aurait sûrement jamais mis les pieds… Mais cela aurait été dommage ! Allez viens, je t’emmène en visite !

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Bohin : un succès français (cocorico !)

Loin de moi l’idée de te faire un long laïus barbant sur l’histoire des Bohin, mais quand même remettons les choses en contexte !

C’est en 1866 que l’entreprise Bohin, avec à sa tête Benjamin Bohin, rachète l’usine de Saint-Sulpice-sur-Risle – le siège actuel – qui produit des aiguilles. Auparavant, elle produit des objets en fer et en bois. Le fils Paul part alors se former en tant qu’ouvrier aiguillier en Angleterre et en Allemagne, pays dont le savoir-faire en la matière est réputé. Très vite l’entreprise s’agrandit, en rachetant les aiguilleries et épingleries alentours et même en région parisienne, mais aussi en diversifiant son activité (lames de rasoirs…). Depuis les années 1950, c’est la seule manufacture d’aiguilles de France.

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Benjamin Bohin c’est le « jeune homme » à la barbe

Gage de la qualité de cette production made in France, l’entreprise Bohin a reçu trois prix d’excellence lors des expositions universelles ! Et quand on voit comment elles sont fabriquées, je t’assure, on comprend pourquoi !

L’expo : ce qui m’a particulièrement plu

L’exposition, qui date de 2014, est très bien faite dans son ensemble. Little T, bientôt 3 ans et demi, était avec nous et il s’est intéressé à tout, en plus d’être d’une sagesse exemplaire !

Si je ne me suis pas spécialement attardée dans la salle consacrée à l’essor de l’industrie française et de la manufacture Bohin en particulier (beaucoup de panneaux écrits en petit… Personne n’est parfait !), j’ai en revanche beaucoup apprécié toute la première partie de la visite qui se déroule dans l’usine et qui présente le procédé de fabrication. Pas moins de 27 étapes et 2 mois sont nécessaires pour les aiguilles Bohin : la qualité ça se mérite. Une production très technique pour un objet très simple en apparence !

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Il faut savoir que l’usine, toujours en activité, produit toutes les aiguilles à coudre, aiguilles à tête de verre (de Murano !!!) et épingles de sûreté de la marque, grâce à de nombreuses machines d’époque et six personnes (elles étaient plus de 400 au XXe siècle !). Lors de la visite, vous les voyez donc en plein travail, sauf si comme nous vous passez à l’heure du déjeuner ou un weekend. Mais même si c’est le cas, pas d’inquiétude, des vidéos courtes et rythmées montrent comment sont fabriquées les aiguilles à chaque étape avec des images d’archive et des images récentes. C’est passionnant.

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La fabrication des épingles de sûreté : la machine fabrique les épingles de A à Z, on croirait voir un orgue de barbarie, la musique en moins

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La machine qui crée les têtes des épingles en verre de Murano

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Une trieuse d’aiguilles en fonction de leurs longueurs

Autre coup de cœur : la partie de l’expo qui reproduit les publicités de la marque (tous produits confondus : les diamants pour tourne-disques, les lames de rasoir, etc.). La scénographie est tout simplement magnifique. Mais j’avoue que c’est aussi mon âme de communicante qui parle.

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Enfin, l’exposition se termine par des focus sur les artistes et mouvements artistiques qui touchent de près ou de loin aux aiguilles : yarn bombing (art éphémère qui consiste à recouvrir des objets urbains tels que des bancs avec des tricots), par exemple, ou encore l’artiste Willard Wigan qui crée des sculptures microscopiques dans les chas des aiguilles ! Même si la présentation est ici assez classique – de grands panneaux avec texte et photos – c’est un clin d’œil sympa !

Bref, je pense que chacun peut y trouver son compte et tu l’auras compris, je recommande même si le tarif (8,90 € par adulte) est un peu élevé. Je ne te parle pas du reste, mais c’est une expo complète sur la manufacture et la famille Bohin. Mon seul regret sera de n’avoir pas pu tester les ateliers variés proposés par la marque et qui avaient l’air sympa, notamment la dentelle aux fuseaux ! Par contre, je suis évidemment repartie avec quelques petits souvenirs : il faut dire que c’est une véritable mercerie qui clôt la visite !

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Ces têtes d’épingles « ratées » sont de petites oeuvres d’art

L’anecdote qui fait sourire

On termine par une petite anecdote. Benjamin Bohin, après avoir laissé les rênes de l’entreprise à son fiston, s’est lancé dans un tour du monde dont il a conclu la nécessité d’inventer un langage universel. Et de s’atteler à la tâche. Naîtra, non pas l’espéranto, mais le patoiglobe ! Il avait de la suite dans les idées ce Benjamin Bohin.

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Alors, ça t’a donné envie d’aller y faire un tour ?

NB : les photos ont été prises avec un portable.

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5 thoughts on “La manufacture Bohin : success story des aiguilles à la française

  1. J’adore lire des reportages aussi détaillés! Et tes photos, même prises avec un portable sont supers. Je crois que je n’aurai JAMAIS pu trainer mon mari dans ce type d’expo… Surtout s’il y a une mercerie à la fin! 😉 Alors, dis nous sur quoi tu as craqué dans la boutique?

    1. Oh merci !!! C’est super gentil. Là c’était une idée de Cher-et-Tendre (je vais le garder !) et il a aussi apprécié, même s’il connaissait déjà le procédé de fabrication. Il m’a même poussée à acheter à la fin !!! Du coup, j’ai été raisonnable et on a pris un aimant reproduisant la publicité pour les aiguilles à gramophone et une petite boîte en fer à aiguilles avec une réclame rétro dessus. J’espère que tu n’es pas déçue… 🙂

      1. Tu as bien raison de le garder, s’il comprend tes loisirs (et qu’il n’utilise pas tes ciseaux à couture pour couper du papier 😉 ). Pas déçue du tout: tu as trouvé les objets qui, lorsque tu les verras, te rappelleront de bons souvenirs! Bonne journée!

  2. Merci pour cet article, grâce à toi j’ai l’impression d’avoir un peu voyagé aujourd’hui !

    Tes photos sont très jolies, je suis impressionnée ! Et je confirme, garde ton chéri, il assure 😉

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